Bien-être

Mon combat contre la dépression

Je vais vous raconter mon histoire, qui m’a complément détruit la vie. J’avais jamais connu ça de ma vie, je ne savais pas ce que c’était. Peut-être que ça devait arriver pour libérer mon corps.

L’enfer a vraiment commencé en octobre 2017. J’ai essayé de lutter mais je ne pouvais pas lutter contre quelque chose que je ne connais pas. Je n’en pouvais plus. J’ai tout fait mais c’était comme si le mot « heureuse » et l’air avaient disparus de mon corps et de mon esprit. Mon corps me demandait de l’aide depuis longtemps, mais à cette période, j’en étais au point que la force n’était plus là.

J’avais des symptômes physiques, comme si c’était une maladie qui se propageait dans mon corps et qui me dévorait à petit feu. Personne ne me comprenait, je commençais à m’enfermer, j’avais envie de rien parmi tout ce que j’aimais. Je n’aimais plus même mon travail alors que je le faisais avant avec passion.

D’un coup tout s’était arrêté, je n’ai rien compris ni vu venir. Je ne sortais plus, je ne faisais que de pleurer et penser. Je suis restée un mois dans mon appartement sans sortir dehors. Même pas une fois.

Mon ami ne comprenait pas qu’il m’arrivait. Je n’arrivais plus à prendre le métro, ni le train ou l’avion. C’était comme si je m’étouffait. Même dans les endroits où il y a de l’air comme dans mon appartement. J’avais des grosses crises d’angoisse, de panique et d’étouffement. C’est dû à quoi ? Je ne savais pas comment ni pourquoi, je voulais juste que ça s’arrête.

Je ne dormais plus, j’étais tout le temps de mauvaise humeur et agressive. Je prenais tout mal et commençait à rejeter tout le monde. A force les gens en avaient marre, il me trouvaient soulante, bizarre et à chaque fois qu’on m’invitait quelque part je trouvais toujours des prétextes : que je ne voulais que personne ne vienne chez moi, je me cachais sous des tonnes de maquillage pour cacher ma faiblesse. C’était ma manière de me cacher. Même chez moi je me maquillais quand il y avait de la famille qui venait ou des amis. Le mascara, l’highlighter, le fond de teint, permettent de faire croire aux autres que tout est parfait, on ne voit pas la tristesse et la fatigue qui sont en dessous. Au bout de quelque temps mes proches ont remarqué que quelque chose n’allait pas, que j’étais devenue une autre personne.

Je leur disais tout va bien, j’avais l’impression que le monde s’écoulait sur ma tète et je n’avais plus le goût de vivre. Je ne ressentais rien à la vie. Je pensais à la mort. Je voulais que cette chose s’arrête. Tout cet étouffement qu’il m’empêchait de vivre, qui ne me laissait pas un jour pour respirer. Mon cœur battait tellement fort que j’ai cru que j’allais en mourir. Quand je marchais sur la route j’avais l’impression que tous les gens ne faisaient que de me regarder ou parler derrière mon dos  comme si j’ étais étrange alors que tout était dans ma tête.

J’ai démissionné de mon travail car je ne pouvais plus prendre les transports. Je sais, je pouvais prendre un arrêt ou congé mais ce n’était pas suffisant. Après je ne savais pas combien de temps ça allait prendre. Mon travail c’était un stress de plus et de toute façon je ne voulais plus voir de monde. J’étais vraiment enfermée sur moi-même, je ne faisais que de pleurer et penser. Je ne mangeais même plus tellement j’avais mal au cœur.

J’ai fait deux tentatives de suicide (il ne faut pas me juger ce n’était pas vraiment moi). Un moment j’arrivais même à comprendre les fous. Mais personne n’est fou ni folle, juste il arrive que des fois on arrive à un point que nous même on arrive pas a expliquer. J’ai même fait des analyses etc… mais je n’avais rien du tout, tout était normal, je me demandais donc que ce que j’avais.

Pourquoi je souffre comme ça, j’avais que des pensées négatives dans tète. J’entendais même des petite voix qui me disaient de faire des folies. Quand je marchais sur la route je voyais des gens qui souriaient, qui étaient heureux. Là je me demandais pourquoi je ne suis pas heureuse comme les autres, pourquoi je ne souris plus et là j’ai essayé tout ce que mon entourage me disait de faire. Je le faisais mais pas pour moi, juste parce que on m’a demandé de le faire donc je sortais. Je voyais des gens, je faisais des activités, je travaillais, c’était facile de le dire mais quand ce n’est pas toi ,tu ne peux pas comprendre.

Le  mois suivant, mon ami m’a demandé pourquoi je n’essayais pas d’aller voir un psy. Je l’ai regardé et lui ai dit : « Un psy ? moi je ne crois pas a ces chose. C’est perdre de l’argent pour rien, en plus dans ma culture nous on croit pas a ça, c’est pour les fous ». Quelques jours plus tard, j’étais devenue comme un zombie. Je commençais vraiment à imaginer la mort, j’écrivais même des lettres pour mes proches sur mon agenda et quand je pensais mon ami et mes parents et tout… je pleurais.

Je me disais qu’est-ce qu’ils vont devenir sans moi etc… je me suis dis tu dois d’abord essayer, ne lâche pas prise. J’ai pris mon portable pour prendre un rendez-vous chez un psy. J’ai eu le rendez-vous le 29 janvier 2018. J’avais tellement peur parce que je ne savais pas quoi lui dire vu que moi-même je ne savais pas ce que j’avais. J’ai jamais connu ça. Le jour de rendez-vous, le psy a pris une feuille blanche et m’a demandé mon nom, prénom et ma date de naissance. Elle écrivait, elle m’a demandé « qu’est-ce qui vous arrive ? » Je lui ai dis « bah je ne sais pas ». Elle a commencé a regarder le moindre détail que je faisais. Ça commençait à me faire peur. Elle voyais que j’étais mal a l’aise et que j’avais très peur mais elle me mettait en confiance et elle a dit racontez moi tout ce que vous ressentez.

Je lui ai tout raconté, vraiment toute ma vie. A un moment, en racontant tout ça, je me suis mise a pleurer et je déteste pleurer devant des étrangers. Mais là j’avais vraiment craqué. Je n’en pouvais vraiment plus. J ‘étais fatiguée mentalement et physiquement par la situation. Elle m’a dit que j’étais tombée en dépression et m’a conseiller d’être hospitalisée. Pas dans un hopital psychiatrique, juste à l’hopital pour me reposer, être surveillée parce qu’elle avait peur que je me suicide. Mais je lui ai dit non car je ne supportais pas d’être enfermée. Elle m’a regardé un moment et elle m’a donné un bout de feuille avec son numéro personnel. Elle m’a dit « quand ça ne va vraiment pas tu m’appelles », je lui ai dit OK puis elle m’a prescrit des médicaments pour essayer de dormir et pour m’apaiser un peu. Elle m’apprenait comment gérer ma respiration. J’avais des rendez-vous deux fois par semaine.

Je commençais à lui dire que je croyais que je commençais à devenir folle, elle me disait non vous n’êtes pas folle, la dépression c’est une maladie comme toute autre maladie, qui touche pleins d’autres gens mais qui ne savent pas ce que c’est et que ça peut être guéri comme toute autre maladie. Quand on est en dépression, ça ne veut absolument pas dire que l’on est fou. Ma détermination a été de me dire que je devais savoir vraiment ce que j’avais et j’étais déterminé à savoir. J’essaye de faire tout ce que mon psy me dit de faire, de suivre tous ses conseils. Je vous dis : c’est vraiment difficile. Il faut avoir le courage et le soutien de nos proches mais aussi de la patience. Faire les choses petit à petit quand on se sent mieux et profiter vraiment de cette journée. Faire des petites sorties, aller au parc, voir des gens.

Dans ma culture quand on a des choses comme ça on nous disait que c’est un esprit ou quelqu’un qui t’a fait quelque chose de malveillant et on dépensait beaucoup d’argent pour aller voir un chamane pour nous soigner. Mais la chose continue à nous détruire, tout ce qu’il y a dans la tête.

La question est : pourquoi on a « cette chose » ? Moi je vais l’appeler la peur.

Ça peut être le décès d’un proche, une personne malade, des problèmes de famille, des problèmes financiers, un divorce, des moqueries ,des préjugés sur nos physique ou trop de pensées négative. Ce qu’il faut se dire c’est que personne n’est parfait si on a des tâches ou quoique ce soit, il faut se dire c’est à nous et à personne d’autre. On doit apprendre à apprécier nos défauts et les mettre en avant. Rester soi-même et ne jamais changer pour les gens. Soit ils nous acceptent comme on est sans nous juger, soit ils tracent leur route. Apprécier chaque jour, être toujours positive, chasser toutes ses pensées négatives. Comme ma mère m’a toujours dit : le positif attire le positif,le négatif attire le négatif.

Il faut se dire que le bonheur n’est pas éternel, ni le malheur.

Donc ne lâchez pas prise, toute chose à une fin donc rendons les jours meilleurs à chaque fois que vous vous levez. Aimons nos proches, montrons leur tout l’amour qu’on a pour eux parce que la vie est un mystère et on ne sait jamais ce qui nous attend demain. Nous sommes juste provisoirement dans le monde. Quand je me lève le matin, je ne me plains plus, j’apprécie juste le jour comme si c’était le dernier. Peu importe ce qui arrivera, il faut se dire que ça devait arriver. Chaque chose a ses raisons, peut-être que c’est un mal pour un bien.

Maintenant je me dis que je ne regrette rien de ma vie. Le passé est derrière moi, je dois donner mon énergie pour le présent et être toujours positive dans tout ce que je fais. Combattre ses peurs. La peur est notre pire ennemi.

Aujourd’hui, je peux dire à ma peur « oui j’ai gagné, je ne te laisserai plus manipuler mon cerveau maintenant ». J’ai découvert ta cachette et je ne te laisserais plus rentrer. C’était comme si j’étais en prison et que je me suis libéré. Comme si j’étais Karaba la sorcière et que Kirikou m’avait enlevé le bouchon.

Ma psy m’a libéré.

Peut-être que mes proches tomberont sur cet article mais ne sauront pas que c’est moi. Mais je sais que ma grande soeur quand elle verra ça elle saura que c’est moi car elle me connait tellement, c’est comme ma deuxième maman. Il y a une chance que ma belle maman le sache aussi. Ma liberté c’est grâce à ma psy que j’ai pu la trouver, et vous le pouvez aussi.

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